MARSEILLE MARQUE 5 FOIS BUNYAN NE MARQUE PAS
Olympique Marseille (1) b. Stade Français (1). 5 à 0. Malgré la concurrence du match de rugby Lyonnais- Oxford, plus de 6.000 spectateurs s’étaient rendus au stade des Iris où avait lieu cette rencontre qui obtint un fort beau succès, puisque le record de la recette fut battu, celle-ci s’élevant à plus de 36.000 francs. De nombreux supporters marseillais et parisiens avaient effectué le déplacement et les Méridionaux, très nombreux, saluèrent de vibrante façon le succès de leurs compatriotes. La pluie était tombée dans la matinée, mais elle s’arrêta avant le match, celui-ci étant même favorisé par la présence du soleil. A leur entrée sur le terrain, les équipes furent très applaudies, les Stadistes reçurent un accueil des plus chaleureux qui leur fera oublier la réception peu favorable de dimanche dernier. Les équipes se présentèrent dans la formation annoncée par l’Auto sous la direction de M. Jones, qui se montra excellent arbitre. Le score de 5 buts en faveur de Marseille est, certes, un peu dur pour les Stadistes, car l’ensemble du match fut assez égal; les deux équipes eurent tour à tour leurs moments de supériorité, mais les attaquants marseillais se montrèrent plus réalisateurs que leurs adversaires; les avants stadistes effectuèrent de fort jolies combinaisons, mais ils eurent le tort de porter leur jeu sur Bunyan, qui, très étroitement marqué hier, ne put guère donner sa mesure. Le onze marseillais fit une très jolie exhibition. Aux buts, Seitz se montra sûr dans ses arrêts, mais il eut quelques interventions fort heureuses. Les arrières Durbec et Jacquier formèrent devant lui un rideau de défense effectif et puissant. La ligne de demis fit un bon travail, le centre Clère veilla très sérieusement sur Bunyan; il fut très bien secondé par Blanc et l’excellent Subrini. La ligne d’avants se montra sous un jour excellent. Boyer, qui se claqua dès le début, fut le moins en vedette, mais sa présence dans la ligne se fit cependant sentir. Le meilleur avant fut Gallay, qui fit une partie très remarquée, il eut des centres impeccables et marqua 3 buts; son entente avec Crut fut remarquable; à l’autre aile, Dewaques fut l’excellent footballeur connu et De Ruymbeck compléta fort bien l’attaque marseillaise. Chez les Stadistes, l’équipe sembla moins effective que lors de son match de dimanche Il est vrai que la défense mar- seillaise était plus complète. La ligne d’avants conduisit des offensives de fort belle allure, mais à part Bunyan, la ligne manqua de shootteurs. Pinel confirma ses précédentes exhibitions ainsi que Cahen; Bunyan, fort marqué, réussit de forts jolies choses et à plusieurs reprises se montra près de conclure; l’aile Pavillard, Gourdon, se der- montra près de conclure; l'aile Pavillard, Gourdon, se dernier surtout, eut de jolies descentes à son actif. La ligne de demis fut bonne tant en défense, qu'en attaque; Wild fournit un très bon match. Aux arrières, Roche et Muller se conjuguèrent bien. Dhur, dans les bois, ne pouvait rien contre les buts qui lui furent marqués. Il effectua quel- ques arrêts de toute beauté. Un des facteurs de la victoire marseillaise fut la plus grande puissance de tous les équi- piers blancs, plus athlétiques que les Parisiens. Les Olym- piens marseillais furent, en certaines circonstances, favo- risé de ce fait.
LA PARTIE
Le coup d'envoi est donné par le Stade Français, qui descend immédiatement dans le camp des Marseillais; mais ceux-ci répliquent et dominent alors. Boyer se claque et, pendant un instant, n'est d'aucune utilité à son équipe, qui domine cependant. Le Stade effectue quelques descentes, dont une est arrêtée par une main de Pinel; mais l'O.M. est un instant fortement dangereux et Dhur doit mettre en corner un dur shot de Crut. Celui-ci, bien tiré, met encore en danger le goal parisien, qui sauve de justesse sur sa ligne. Le danger étant écarté, les avants stadistes vont rendre visite à Seitz, qui sauve; puis, à son tour, Devaquez attaque, mais botte à côté; Pinel se démène et se fait remarquer par son ardeur et sa décision. Bunyan, qui dribble plusieurs adversaires, voit son shot arrêté, heureusement, par un arrière marseillais. Le Stade presse alors fortement son adversaire, Pavillard botte sur la barre, puis Jacquier doit mettre en corner. Après cette phase à l'avantage des Parisiens, Marseille attaque par Devaquez, le centre est repris par Gallay et celui-ci, bien placé, botte en oblique la balle, que Dhur doit aller retirer de ses filets. Il y a 27 minutes que l'on joue. A peine les équipes en action, Marseille descend et le Stade doit concéder un corner; celui-ci est bien tiré, la balle roule devant les buts et Gallay la reprend et, une deuxième fois, Dhur est battu. Pendant un long moment, Marseille domine, puis le jeu se stabilise, tour à tour, les équipes sont dangereuses, par Bunyan pour Paris, Devaquez et Boyer pour l'O.M. De jolis mouvements sont réussis par les deux « onze », puis la mi-temps est sifflée.
A la reprise, le Stade domine et les défenseurs marseillais sont fort à l'ouvrage; tour à tour, Bunyan, puis Gourdon, placent des shots qui mettent fort en danger Seitz et, avec un peu de chance, le Stade devait sauver l'honneur. Pendant un quart d'heure, les Parisiens ont un avantage assez net; puis, Marseille se reprend alors et Gallay et Crut descendent, mais Falize bloque bien cette offensive. Le duel Clère-Bunyan est sévère, mais il se termine à l'avantage du demi marseillais. A ce moment, Bunyan est touché et Marseille qui a repris l'avantage, domine fortement; Dhur doit sauver en corner, dont le Stade se dégage; mais, peu après, Devaquez, en possession de la balle, l'envoie pour la troisième fois hors de la portée de Dhur, après 25 minutes de jeu. A ce moment, Bunyan rentre en jeu et l'avantage revient alors à Marseille, d'autant plus que le Stade semble se désunir et son jeu est moins précis. Seitz doit cependant sauver de justesse sur un coup franc botté par Muller. Le Stade fournit un sérieux effort, sa ligne d'avants conduit de fort jolies attaques, mais la défense de l'O.M. ne laisse rien passer. Les Marseillais, plus athlétiques, profitent quelques fois de leur avantage physique. Peu avant la fin, une contre-attaque marseillaise se termine par Gallay qui marque le quatrième but, et, enfin, alors que le match était presque terminé, un centre de Gallay était repris de la tête par Boyer qui marquait le dernier but. — Vieux.